Nov 17, 2009

Amour et Prépa

On était un mardi soir du mois de février.
Mr Goyave et moi, nous étions encore disputés violemment au telephone pour une histoire de « tu m’as mal parlé ».
Le mercredi, je finissais mes cours à 13h30. Vers 17h00, il m’appelle pour s’excuser de son comportement verbal de la veille. Je lui pardonne car face à ce crétin là, je ne résiste pas longtemps. J’étais à la bibliothèque et je chuchotais pour ne pas me faire virer.
La conversation aboutit sur le fait qu’il était extrêmement malade (Un rhume).

 

« Tu as besoin d’une infirmière ? »

 

« … Qui me soignerais avec des méthodes peu déontologiques. »

 

« Si je pouvais je serai venu chéri ! »

 

Court silence sur la ligne.

 

« Viens Cerise »

 

« Tu es à Rennes ! Et moi à Paris ! Il est presque 18h ! C’est impossible ! »

 

Il me parle, me supplie, m’explique mille fois le trajet, je refuse, je lui explique que le lendemain j’ai cours à 10h et un concours blanc à 12h que je ne peux pas me permettre de rater, que je suis à la bibliothèque et que même si je voulais, je n’aurais pas le temps de repasser au studio avant l’horaire du train pour prendre mes affaires.
Il ne me laisse aucun répit jusqu’à ce qu’à 18h45, je lâche un « Ok ! J’arrive ! ».
15 minutes plus tard, j’étais dans le train intercommunal pour Paris.

 

Mon train pour Rennes partait à 20h10. J’avais 45minutes de trajet jusqu’à la gare.

 

Sur moi, j’avais mon sac à main, mes cahiers de cours, mon Ipod et mon téléphone.

Aucune affaire de change, pas de nouveau sous-vêtements, pas de brosse à dents, pas de démaquillant, pas de maquillage sinon mon crayon khôl de secours et mon gloss, pas d’argent pour le billet de train… RIEN !

 

Il m’a dit qu’au moment où j’arriverai à la gare de Montparnasse de l’appeler qu’il m’expliquerait tout.

 

20h03 – Gare de Montparnasse. Je cours sur le quai du train pour Rennes.

 

20h05 – Je l’appelle. Il ne répond pas.

 

20h06 – Il rappelle.

 

« Rentre dans le train. Choisit une place. Lorsque le contrôleur demande ton billet, tu dis que tu n’as pas eu le temps de l’acheter. Il te propose de payer sur place, tu réponds que tu n’a pas d’argent. Il te répondra qu’il faut payer l’amende. Il te demandera ta carte d’identité. A ce moment, concentres-toi pour avoir l’air cool, et tu lui dis que tu étudies à Rennes et que l’adresse sur ta carte n’est plus valide. Il te demandera la nouvelle adresse et tu donnes la mienne. Je paierai. Tu m’appelle quand tout ça s’est passé.»

 

« Ok… » Paniquée et déjà assise dans le train.

 

« Bébé… Je n’y crois pas de ce que tu fais. »

 

21h17 –  Passage du contrôleur.

 

21h22 – Mr Goyave va recevoir l’amende de 137€ dans sa boite aux lettres.

 

22h10 – Arrivée à Rennes. Il fait nuit et j’ai peur car il ne répond plus au téléphone. Je descends du train, marche le long du quai, remonte les escaliers menant à la gare. Je regarde tout autour de moi.

 

22h15 – Je le vois. Les yeux rouges, le nez bouché, un jogging sombre. Minable mais amoureux. Je me jette dans ses bras.

 

Vers 1h du matin, après avoir mangé les beignets à la crevette et aux poivrons qu’il m’avait fait ( Mr Goyave est excellent en cuisine), j’ouvris les sachets Franprix qu’il m’indiqua. Il était parti acheter les choses dont j’avais besoin avant que je n’arrive.

 

Brosse à dent, strings, boxers, culottes, déodorant à la grenade, démaquillant, lotion tonique, crème de visage, brosse à cheveux…

 

« Je ne savais pas trop ce que tu utilisais alors j’ai tout pris.. »

 

Je ne savais plus quoi dire. Je l’ai embrassé.

 

Douche, Sex et … Révisions ! Il était 1h45 du matin !

Le lendemain, Concours blanc d’Historiographie.

 

Mon train pour Paris était à 6h05 mais le trajet durait 3h.

Réveil prévu à 4h30.

 

On s’est endormi tous les trois : Moi, Lui et Ma Fiche sur les différentes écoles historiques.

 

4h30 – Le réveil sonne.

 

4h50 – Nos deux corps émergent.

 

Mr Goyave n’est pas du matin, surtout quand l’heure du matin n’a qu’un seul chiffre. Il ne m’adresse pas la parole jusqu’à ce qu’on soit dans l’ascendeur de son immeuble. J’ai droit à un « ‘Jour ! ».

 

Devant le train, il me remet mon billet de train et m’embrasse encore tout endormis qu’il est.

 

« Merci d’avoir fait ça. Je t’en aurais jamais cru capable toi qui doit tout planifier mille ans à l’avance. Je t’aime Cerise »

 

Le train 8856 en partance de Rennes et à destination de Paris Montparnasse partira dans quelques instants, veuillez vous éloignez de la bordure du quai… 

 

Je l’embrasse. J’avais horreur de ces séparations.

Je monte dans le train et reste le front collé sur la vitre.

Lui est debout de l’autre côté dans son jogging froissé. Je n’arrête pas de pleurer et le train s’éloigne. Il me fait timidement des bisous volés et je le vois se retourner pour rentrer chez lui.

 

Dans le wagon, on est quatre. Je peux me permettre de pleurer.

Arrivé à Paris, métro, changement, métro, train intercommunale et marche jusqu’au Lycée où j’ai cours. J’arrive pile à l’heure pour le cours d’anglais qui précèdait l’epreuve d’Historiographie.

 

Personne ne peut imaginer que dans la nuit j’ai fait 5h de train. Sans compter les transports en commun.

 

  • Comment allier Prépa et Amour ? Réussite et Bonheur ? Sagesse et Folie ? Je n’en sais rien.

Je n’ai pas fait partie des cadres qui voudraient que je le vois 10minutes après 3h de travail en bibliothèque. Je n’ai pas fait partie des cadres qui voudraient que je n’ai pas de petit ami en prépa. J’ai fait exactement ce qu’il ne fallait pas faire mais même si j’en payais les conséquences, j’assumais jusqu’au bout.

 

Il m’a beaucoup supporté. Il n’explosait jamais quand le soir je pleurais parce que la totalité des « phrasal verbs » ne rentraient pas dans ma tête. Il n’explosait jamais le soir, alors qu’étant chez lui,  je refusais ses avances parce que le lendemain j’avais une échéance à tenir. Il râlait mais c’était rarement des disputes. Il me soutenait chez le coiffeur quand la moitié de mes longueurs étaient tombées à cause du stress. Il disait avoir un aperçu de mon état de femme enceinte quand j’étais en période de  concours blancs.

Je ne vais pas dire que c’était un ange. Loin de là.
Mais je dirai que s’il n’avait pas été là… Je n’aurais peut-être pas tenu.

 

Bisous,

Cerise

 

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1 petit mot

  • Répondre Shupa Kartel | Mar 8, 2016 à 2 h 34 min

    Superbe article. On dirait le couplé parfait… c’est lui ton ex avec qui tu es devenue amie aujourd’hui ? Dis moi que oui ! Ou ton chéri actuel ..encore mieux.

    Moi aussi j’ai eu une période amour à distance mais on se voyait que pdt les vacances scolaires… après il a taffé à la snif donc ct cool il venait souvent.

    Biz