Bonnie & Clyde (2/4)

| Cerisia Night, Monsieur Goyave |

Lundi Soir, je me retrouve donc devant la façade de l’hôtel de Mr Goyave. Un bébé-sac-de-voyage à la main. Pourquoi ? Parce qu’il faut que je dissémine mes affaires un peu partout dans la chambre pour faire croire à la bonne tenue de notre couple…

 

Crowne Plaza. Pourquoi ça ne m’étonne pas ?

Je vais à l’accueil pour demander la chambre de Mr Goyave.

« Suite 2… »

Je ne suis pas non plus étonner. En six mois pourquoi changerait-il ?

Je rentre dans l’ascenseur et j’ai le cœur qui bat. Je sors à l’étage et j’ai du mal à avancer. Je suis devant la porte. Je tape fébrilement et je me demande si j’ai bien fait toute cette histoire de vengeance…

Il ouvre la porte. Je le vois. Je vous épargne les détails ? NON !

Il est encore plus beau qu’en Juillet il me semble. Il a minci mais de manière positive. Il se coupe les cheveux différemment et je ne me souvenais plus qu’il fût si grand ! Non pas que j’avais oublié qu’il faisait 2m02 mais je ne me rappelais plus ce que c’était d’être en face de lui…ou de son torse !

Il me sourit timidement et mon cœur se serra.

Contrairement à ce que je pensais avoir enfoui au fond de moi… J’étais belle et bien toujours amoureuse.

Il me fit rentrer dans une superbe chambre d’hôtel. Avait-il fait exprès connaissant mon gout pour les chambres d’hôtel ? Je ne pense pas.

Il me demanda comment j’allais. Si mes cours se passaient bien. Notre conversation était banale. Jamais on n’aurait pu croire qu’il m’avait foutu hors de son appart un soir de juillet.

 

Je pris un verre d’eau tandis que je mettais mon manteau sur le canapé, ma brosse à dent et mon démaquillant (et mes crèmes et mes lotions et mes…) dans la salle de bain, une paire de chaussure près du lit, une robe dans l’armoire entrouverte et une nuisette près du lit… (J’avoue la nuisette j’ai fait exprès !! Je ne l’a porte plus depuis que la température est passée en dessous de 20°C mais il n’est pas censé le savoir…!)

 

Je m’assis sur un des fauteuils et lui sur le mini-canapé.


« Alors concrètement qu’est-ce qu’on fait ? »


« J’y est réfléchie. Je pense qu’on peut le faire mariner. Je m’explique. En apparence, on est un couple amoureux, attaché l’un à l’autre et juste cela, je pense le rendra fou. Mais j’ai mieux. Je vais faire celle qui aime son mec mais qui n’hésite pas à en draguer un autre…devant lui. »


« Tu as l’air de t’y connaitre… »
Lâcha t’il ironiquement.


« C’est un jeu ! Donc je l’allume et tu fais celui qui ne capte rien. On va dans ce Lounge, je l’allume et en revenant ici, on lui balance tout. »


« Qu’on sait tout ? »


« Tu le menaces quoi !! Enfin tu trouves un truc pas trop ridicule pour le mettre en garde !! »

 

Une quarantaine de minutes plus tard, Mr Acide tape à la porte. Je suis dans le canapé, l’air de rien, les yeux sur la télé. Il rigole avec Mr Goyave qui mime des retrouvailles chaleureuses. Il m’aperçoit et je suis persuadé d’avoir vu dans son regard, une fraction de seconde, un étonnement tout de suite dissimulé par une joie complètement feinte.

 


« Les amoureux !! Rien ne vous sépare vous deux !! Cerise ça me fait plaisir de te voir !! »


« Moi aussi Acide !! Alors les Etats-Unis ? Avec Goyave on y a été cet été mais on a tellement bougé qu’on n’a pas eu le temps de passer te voir à Boston… »

 

Mensonge complet.

 

« Bah écoute ça va ! Mais je préfère les nuits parisiennes ! »

 

Mr Goyave lui a proposé un verre et il s’est assis à coté de moi. Mr Acide me faisait face sur un fauteuil. J’avais les jambes sur celle de Goyave, sa main sur ma cuisse. Olalala les sensations dans mon ventre… Mais je me forçais à transférer comme prévu tout mon désir dans mes regards pour Mr Acide. Au début, il fuyait mes yeux dans la conversation qu’il avait avec Goyave puis je sentais qu’il en jouait.

Il me dégoutait mais ça me rapprochait de Goyave… C’est minable je sais !

Peu de temps après, Acide nous dit qu’il connaissait des lounges intéressants sur les Champs et que son chauffeur l’attendait en bas.

 

Six mois hors de ce milieu et des phrases comme celle-ci parviennent de nouveau à me surprendre.

 

Nous descendîmes et j’insistais l’air de rien pour que Goyave reste à l’avant et que je reste avec Acide à l’arrière. Goyave fit le naïf et monta devant. Au moindre prétexte, je touchais Acide. Au moindre prétexte de virage, ma robe remontait un peu plus sur ma cuisse. J’en jouais mais ça m’agaçait. Dans le lounge ce fut le même scénario. 

« On s’ennui un peu les jeunes !! Ca vous dit une soirée ? J’ai entendue parler d’un truc… »


Un quart d’heure plus tard, on était dans la voiture. On s’éloignait de Paris mais je ne regardais pas la route. J’étais physiquement avec Acide et mentalement avec Goyave.

 

Une demi-heure plus tard, la voiture s’arrêta. Sur le parking d’une sorte d’usine désaffectée. La musique pulsait d’un lieu lugubre. Le regard de Goyave et moi se croisèrent. Je ne me sentais pas en sécurité. Pas du tout.

 

Bisous, Cerise



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