Bonnie & Clyde (4/4)

| Cerisia Night, Monsieur Goyave |

«  C’était vraiment bizarre ce soir… Je suis désolé que ça se soit passé comme ça. Ce n’était pas prévu. »

Je me retournais vers Mr Goyave et le vis se rapprocher de moi. Assez loin pour que je n’ai pas à reculer.

« C’est assez gênant de dormir dans le même lit. Tu dors très à droite et moi très à gauche. »

Je ne fis aucune remarque, en soulevant la couette, je me dis que je dormais dans le même lit que mon ex. Peu commun. Je m’allongeai très près du rebord. Je fixai le mur en face de moi. (Je suis de celle qui préfère le mur… Il ne l’avait pas oublié).


Il éteint la lumière et un instant plus tard, je le sentis dans le lit. Me faisait-il dos ? Je voulais m’en assurer et je me retournai. Ce n’était pas le cas. Il avait les yeux maintenant rivés aux miens. Je lui fis face toujours dans mon extrémité. On se regarda et on éclata de rire.

J’avais l’impression de l’avoir quitté depuis plusieurs années…

« On est plutôt nuls en Bonnie et Clyde » lâchais-je en me retournant vers le mur.

« Cerise, je peux te poser une question ? »

Je ne répondis pas.

« Depuis combien de temps tu t’envoyais en l’air avec ce type ? »

Je me retourne vers lui.

« Tu va me faire la phase de « nous-sommes-là-donc-discutons-du-passé » ? »

« De ce qui s’est passé ! Réponds moi on a plus rien à perdre ! »

« Presque six mois. Mais tu vas me dire que toi, tu ne m’as jamais trompé ??»

« Non jamais. »

Je me redresse dans le lit et lui crie :

« Dans tous tes voyages, jamais tu tes envoyer en l’air avec une serveuse, une touriste, une strip-teaseuse ? Tu n’étais jamais là !! Soit tu es à Rennes, soit tu es entre deux avions, soit tu dois t’occuper des boutiques !! Tu avais toujours une bonne raison !! Monsieur me donne de l’argent et c’est censé me suffire pour attendre le temps qu’il vienne me voir !! »

Il me regarda et éclata de rire.

« Cerise, tu t’entends ? Donc maintenant c’est ma faute si pendant six mois tu m’as trompé en te faisant baiser par un fils de pute ?! Je vais te dire ça n’a strictement rien à voir ! Ce qui avait à avoir c’était mademoiselle !! Ma prépa, mes régimes, ma Myrtille, mes fringues et ma manucure !! »

« La manucure ?! Qui m’a pris la tête pour que mes ongles soient toujours impeccables ? »

« On s’éloigne du sujet. C’est de l’histoire ancienne. J’ai sommeil. »

En me lançant ça, il se retourna et me fis dos.

« Je n’ai pas finis ! »

L’alcool agissait c’est sûr ! En temps normal, je serais déjà en train de dormir. Voyant qu’il ne réagit pas je sors de la couette et fait le tour du lit, lui fais face et retire sa couverture.

« Tu m’écoutes ! Je sais que j’ai fais une erreur que j’ai répétée en plus ! Mais oui c’était bon et non je ne regrette pas cette erreur !! Oui tu étais tout pour moi mais comme tu vois, je suis toujours vivante sans toi !! Avec ma prépa, mes régimes, ma Myrtille, mes potes, mon blog, mes fringues et ma manucure !! »

Il me fixait le regard vide. Avait-il compris ce que je venais de hurler ?

Soudain, il me saisit par la taille et me plaqua sur lui. Je tombais lourdement sur son buste et il pivota pour que je me retrouve sous lui. Sans réfléchir, je l’embrassais.

J’en mourrais d’envie depuis des heures. Je l’embrassais encore et encore. Mes jambes se nouèrent dans son dos. Un instant avant que je ne puisse plus faire marche arrière, je me détachai de sa bouche et lui dit avec une lucidité que je pensais ne plus avoir à ce moment :

« Goyave, sans toi j’ai eu mal mais ça ne veut pas dire que je resouhaite un « avec toi ». »

Pour seule réponse, il passa sa main sous mon t-shirt de pyjama.

 

Ensuite ?

 

Mes mains qui redécouvrent son corps. Sa main qui passe de mon t-shirt à mon pantalon. Et qui, petit à petit rejoint ma peau. Qui s’ébouillante. C’est comme si mon corps reconnait le sien.  Il m’embrasse partout et plus encore.


Tout n’est plus que désir, plaisir, désir, plaisir, désir… Toujours plus vite.


Sa bouche dans mon cou, au milieu de ma poitrine, sur mon ventre, entre mes cuisses.


Mes tremblements, mes soupirs, mes gémissements… Encore plus.


Et soudain, ça vient. D’abord lentement. Je ne sais pas que c’est là. Mais ça arrive. Encore plus vite et je ne peux plus faire abstraction. Je me serre contre lui et il continue. Ca explose en moi.

 

Puis le silence. Nos respirations. Nous. Nus.

 

Je ne voulais pas penser aux conséquences. Je ne voulais pas penser à l’avis de mes amies. Je ne voulais pas penser à l’avenir. Je dormais. Dans ses bras. Pour une nuit.

 

Je réglerai ça le lendemain avec ma gueule de bois.

Bisous, Cerise



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