Avr 10, 2012

A la croisée des chemins

Après ma rupture avec Mr Muscade, tout est devenu plus compliqué. Bien plus qu’après ma rupture avec Mr Ananas. Je me suis rendu compte que c’est la peur qui m’avait guidé.

Quitter quelque chose à laquelle, je m’étais habitué pendant 2 ans pour une relation de 4 mois, c’était de la folie pour moi.

La peine de Mr Muscade était palpable. Je le voyais en cours (quand il venait). Il ne me regardait pas et était complètement éteint.

Je pleurais beaucoup parce que c’était mon choix. Et que Mr Ananas ne me rendait pas heureuse. Désormais, je ne supportais plus ses caresses. Lorsqu’on faisait l’amour, je me conditionnais mentalement pour le faire. Rien n’était comme je l’avais prévu.

Mr Ananas se rendait bien compte que quelque chose n’allait pas.

« Tu n’es plus là ! Tu es toujours ailleurs. Même quand je te tiens dans mes bras, tu sembles ailleurs. »

« Non, je… ça va ! »

« Tu es sur que ça va ? »

« Oui ! »

« Tu me le dirais si ça n’allait pas ? »

« … Oui ! »

Encore un mensonge. Je ne distingue plus vraiment à qui je mens. A lui ou à moi ?

 

Mardi matin, soit huit jours après ce fameux soir chez lui, me lever représenta un effort surhumain. Mr Ananas était à Lyon. J’éprouvais une sorte de soulagement à cette idée. Une chose à la fois. Pour une fois.

Je me contenais au-delà du possible pour ne pas écrire à MrMuscade.

Lorsque je vis qu’il n’était pas là une fois de plus en cours, je me suis sentie tellement mal que je ne suivis rien du cours de graphisme.

On n’avait pas cours l’après-midi exceptionnellement.

Sur la ligne de métro, je savais que je devais descendre à Gare de Lyon pour rentrer chez moi.

 

« Gare de Lyon »

 

Mon corps se fige. Je ne pensais qu’à lui. Je devais le voir.

La sonnerie caractéristique de la fermeture des portes retentit.

J’avais une seconde pour sortir et tenter d’assumer mon choix.

Les portes se refermèrent. Direction chez lui.

Arrivée devant la porte cochère, je me rendis compte de ce que je faisais.

Qu’est-ce que je faisais au juste ?

Je tape le code et entre dans le hall. L’interphone me fait face.

Je sonne à son nom. Silence.

« Oui ? »

« C’est… C’est moi. »

Moment de suspens. Interminable. Et la porte s’ouvre dans un déclic.

Je monte lentement les 4 étages en colimaçon.

Je reprends mon souffle devant la porte close. Je sais que je devrais rentrer chez moi.

Je tape.

 

La porte s’ouvre un instant après.

Je vois son regard bleu. Je ne sais pas trop ce que j’y lis.

« Entre »

Il s’assoit sur le canapé qui me fait face. Je suis plantée au milieu du salon. Il me regarde. Le silence s’épaissit.

Il le brise.

« Pourquoi tu es là, Cerise ? »

« Je… Je ne sais pas. Je suis venu, c’est tout. A Gare de Lyon, je n’ai pas pu descendre du métro. »

Silence de sa part.

« Tu n’es pas venu en cours… »

J’étais toujours face à lui. Vêtue de mon manteau. Mon sac à la main.

« Cerise, c’est ton choix de rompre pas le mien. »

« Je sais. »

 

Silence.

 

« Assied toi. Tu veux boire quelque chose ? »

« Non merci. »

« Bah reste. Je vais juste me laver… »

J’étais sur le canapé. J’aurais pu partir à tout moment. Mais je suis restée.

J’entendais le jet d’eau dans la salle de bain. Son Mac ouvert devant moi. J’ouvre Itunes et parcours l’ensemble de sa playlist.

Je choisis Chet Baker. L’album Young Chet.

J’ai sans doute le regard fixe. Les pensées torturées sur ce que j’ai réellement envie de faire par rapport à tout ça.

Il sort de la douche. Habillé et cheveux mouillé.

Je n’ai qu’une envie, l’embrasser et passer mes mains dans ses cheveux.

Il s’assied à mes côtés en brisant l’espace entre nous.

Silencieux.

 

On fixe l’écran. Les pensées suivants les notes de musiques. L’ambiance devient feutrée. Le jazz qui s’évapore dans l’air de la pièce donne au moment un côté mélancolique. Années 50. Film en noir et blanc.

Au bout d’un long silence, il m’attire à lui et je pose ma tête sur son épaule. Je prends conscience de tout ce que je me refuse avec lui. Et je pleure. Mes larmes se mettent à couler sans que je n’y puisse rien faire. Je ne me suis jamais sentie aussi seule qu’avec deux copains.

Je fais glisser mon bras autour de son ventre et me blottit contre lui.

La trompette s’étire toujours dans la pièce.

Muscade baisse son visage, passe un doigt sous mon menton pour remonter le mien et m’embrasse.

C’est presqu’un effleurement.

Extrêmement doux.

Mes larmes coulent de plus belle tandis que j’accentue le baiser. J’ai cette sensation que tout tourne.

Je l’embrasse comme si c’était à la fois la première et la dernière fois.

Ses doigts effleurent mon visage. A maintes reprises.

Et d’un coup, il m’attire sur lui.

J’ai envie de lui et rien n’a plus vraiment d’importance sinon mon envie de lui.

 

« Je… Je déplie le canapé ? »

Il a la voix légèrement plus rauque.

Je hoche la tête.

Je me lève tandis qu’il ouvre le lit. Je crois mon regard dans la glace. Je ne comprends pas ce que j’y lis. Une fois de plus. Je n’ai pas envie d’analyser.

Il se rapproche de moi. Il passe sa main derrière mon dos, me serre contre lui en m’embrassant de plus belle.

L’étincelle se rallume et je passe mes mains autour de son cou. Ses cheveux, sa peau, sa bouche, sa respiration.

Un cocktail qui m’enflamme.

On passe du sol au lit en moins de temps qu’il en faut pour le dire. Mon cœur bat à 1000 à l’heure. Ma respiration est terriblement saccadée. On retire nos vêtements dans une frénésie étrange. On se regarde. Encore et encore.

Je ne sens mes larmes qui coulent que lorsqu’il passe ses doigts sur ma joue pour les essuyer.

Il m’embrasse sur la joue.

Le bleu de ses yeux prend une teinte intense. C’est juste avant. Juste avant la fraction de seconde avant qu’on ne fasse plus qu’un.

C’est dans cette seconde là que j’ai pris conscience des sentiments que j’avais pour lui et la taille de l’erreur que j’avais faite.

« Je t’aime. »

C’est sortit tout seul.

Presque indépendamment de ma volonté.

Ses yeux.

Le plaisir fulgurant lorsqu’il rentre en moi.

Sa réponse.

« Je t’aime aussi. »

 

Une succession de vagues de chaleur et de bien être, le tout mené par un sentiment d’urgence. Tout explose.

Nos corps essoufflés.

J’éclate en sanglots.

Trop d’émotions. Trop de choses à gérer.

Trop de questions rouvertes en un instant…

 

Merci beaucoup pour votre attente… Ecrire est devenu assez compliqué en ce moment, vous l’aurez compris.

 

Laissez-moi un petit mot

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *




1 petit mot

  • Répondre Anne-So | Avr 10, 2012 à 14 h 05 min

    Ça va aller Cerise tu vas t’en sortir et trouver ce qu’il y a de mieux pour toi ! Il te faut juste un peu de temps!

    Gros bisous