Mai 21, 2012

Ces filles que l’on dit faciles…

Cerise aime séduire, c’est un fait.

Je suis à l’aise dans les milieux masculins. J’aime sentir des regards sur moi, sur mon corps. J’aime être le centre de l’attention. J’aime ces conversations excitantes où l’on pense la moitié de ce que l’on dit. J’adore me préparer avant d’aller en soirée.

 

Me maquiller en sous-vêtement et me sourire dans le miroir.

Cet instant où l’on constate que la robe choisie vous fait un corps de rêve.

 

Ces texto d’avant-soirée : telle personne sera là et telle ne sera pas là, on se retrouve ici ou là, untel vient nous prendre avec telle voiture.

J’aime ce frisson en arrivant devant la porte dans ce brouhaha reconnaissable entre tous.

Je marche, le pas assuré dans mes talons hauts, me compose ce visage froid qu’affichent les jolies filles qui ont conscience de l’être.

 

Première étape.

« Je t’offre un verre ? »

Phrase tant entendue mais qui déclenche immédiatement chez moi, un sourire que je sais séduisant.

Deuxième étape.

« Tu danses ? »

Corps qui ondulent. On discute autour de ce verre de trop.

Et l’air de rien, sans même s’en rendre compte, on fait déjà trop de bêtises.

 

 

C’était ma vie, il y a maintenant quelques années. Je n’ai pris conscience de l’image que je pouvais renvoyer que Samedi soir dernier.

Mr Muscade m’avait invité à l’anniversaire de son cousin.

Évidemment, je ne savais pas comment m’habiller parce qu’à part les soirées que je fréquentais à Paris aux côtés de Goyave, je n’ai jamais été d’autres types de soirées. Et quoi de pire que de venir avec un dress-code décalé ?

« Mais c’est cool ! Habille-toi comme tu veux ! C’est vraiment pas prise de tête ! »

Après une masturbation intellectuelle intense, je finis par opter pour un simple pull Manoukian beige avec un jean Mango sombre. Ballerine noire et trench beige de mi-saison. Pour le côté « nuit », je donne du volume à mes cheveux avec mon fer à lisser et je me maquille comme il faut.

 

En arrivant à l’anniversaire, je me suis immédiatement reconnue des années auparavant.

Cette jeune fille blonde, très jolie dans une robe noire aussi courte que noire, portant des talons assez hauts pour être provocante.

Cette fille, c’était moi.

Elle était seule et j’étais entourée de copines. Mais l’effet extérieur était le même.

Mine boudeuse puis extrêmement souriante lorsqu’un homme lui parle. Très tactile et rieuse à la moindre blague.

 

« Cette fille là-bas, c’est LA fille open de la soirée. Il y en a toujours une. » me chuchote Mr Muscade sans que je ne lui ai rien dit.

 

« C’est-à-dire ? »

 

« Elle intéresse immédiatement tous les mecs de la soirée et tu le verras à sa manière d’agir… Une fille facile ! »

 

Je regardais Mr Muscade avec un faible sourire en me disant, qu’avant Mr Ananas, j’étais comme cette fille.

 

Ce comportement devient rapidement addictif. Cette envie, ce désir dans les yeux de l’autre. Cette sensation d’être très jolie ou le centre d’une attention éphémère. Ces courts contacts physiques qui nous rassurent sur le fait que l’on est vivante même si on se sentira morte en fin de soirée. Je ne légitime pas le fait d’afficher une ouverture de séduction ou de passer de bras en bras, mais je ne peux que le comprendre pour l’avoir vécu.

 

Cette fille s’est fait remarquer parce que chaque heure, elle semblait proche d’un mec différent. Elle s’amuse parce qu’elle en a la capacité et arrêtera lorsque tout cela l’a rendra triste. Parce que toute cette futilité finit par rendre triste du moins, elle m’a rendu triste.

 

Le retour dans le taxi, les yeux mi-clos et plein de nouveau numéro dans le répertoire. Les texto sans intérêts les jours qui suivent et les commentaires de filles sur le comportement qu’on aurait eu.

 

Aujourd’hui, j’ai grandi, j’ai mis fin à tout cela et je le vois de l’extérieur. Je rentre tranquillement aux côtés de Mr Muscade, de bonne humeur et amoureuse en pensant à cette fille que j’ai vu rentrer dans la salle de bain avec un grand brun.

Je vois dans les yeux de Mr Muscade ce que je cherchais désespérément dans les yeux de trop d’hommes auparavant.

Et je me dis que j’ai grandi, sans trop me perdre en chemin.

 

www.monbeaucerisier.com

Laissez-moi un petit mot

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *




1 petit mot

  • Répondre Ubi | Juil 20, 2012 à 3 h 33 min

    Très agréables à lire tes articles, surtout celui là, au moment où je le lis je me sens un peu pareil, sauf que je n’ai pas encore trouvé de Mr Muscade…