Juil 18, 2012

Colocation

J’ai mille choses à vous raconter. Donc vous aurez de mes nouvelles très régulièrement ces temps-ci.

Depuis deux semaines maintenant, Mr Muscade a déménagé de son joli petit studio pour prendre un appartement avec sa sœur qui est rentré des Etats-Unis.

Et je le vis toujours très difficilement.

Le studio dans lequel il vivait, était à sa sœur qui était partie 2 ans aux Etats-Unis. Lorsqu’elle est rentrée début Juin, au lieu de lui rendre, ils ont décidé de prendre un appartement à deux. Pour minimiser les frais.

 

Ils ont choisi un appartement que je déteste. Tout simplement.

Je n’avais, évidemment, pas mon mot à dire dans le choix de l’appartement.

Je ne pouvais que subir. Et c’est toujours le cas, pour une durée indéterminée.

Le quartier ? Les Batignolles. Un peu trop du côté Avenue de Clichy à mon goût.

Cinquième étage sans ascenseur. Vieux parquet (et non pas « parquet vintage » comme il tente de me faire croire depuis 2 semaines).

Mais hormis la cohabitation de leurs deux styles de meubles qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre, la présence de deux chats qui laissent des poils partout (j’ai beaucoup de mal avec les animaux…) et les cartons partout dans toutes les pièces, le plus dur reste la colocation.

 

Heureusement que j’ai mon propre appartement. Je n’y ai jamais autant vécu, d’ailleurs.

J’apprécie beaucoup sa sœur, là n’est pas le problème. Le souci c’est de vivre en couple avec une personne tiers.

 

Plus de douche ensemble sans que sa sœur soit forcément au courant, plus de petit-déjeuner dans le lit (« Toc Toc Toc ! Je ne veux pas vous déranger, je vous emprunte juste la confiture… ! » Ce n’est pas possible !), plus d’escales au frigo en petite tenue au milieu de la nuit…

Il y a aussi le fait que sa sœur est en vacances.

Donc quand nous nous levons pour aller au travail, le matin, c’est silence radio. Alors que moi, je chante sous la douche, je discute en me lissant les cheveux, je râle en me maquillant… Bref ! Je ne suis pas du tout silencieuse !

Et ce silence forcé me tape tranquillement sur les nerfs.

Je fais des efforts. Je serre les dents.

Je ne dors plus là-bas. Tout simplement.

Mr Muscade comprend mais il adore son appartement, il adore sa sœur et ne peut rien changer à la situation.

 

Le jour où la situation m’a complètement échappée c’est le soir de mon dernier article.

J’avais hâte de lui montrer mes achats en montant les escaliers mais ma joie est redescendu d’un niveau quand sa sœur a ouvert la porte. J’avais oublié qu’elle était là. Oui, l’espace d’un instant. Le reflexe n’est pas encore tout à fait là.

Je vais dans la chambre avec Mr Muscade et elle nous suit. Je n’ai rien contre et leur montre mes achats avec cette sensation bizarre de montrer mes achats à un groupe de copains. Un peu comme si nous vivions tous les trois là depuis longtemps.

 

Elle finit par s’éclipser. Je saute au cou de Mr Muscade pour lui faire un bisou.

« Vous faisiez quoi ? »

« On regardait Caprica. »

Une série que nous nous étions promis de commencer à deux.

« Tu l’as commencé sans moi ? »

Je détache mes bras de son cou et retombe sur le lit en fourrageant dans mon sac à main en donnant l’impression de chercher quelque chose.

« Oui… Mais tu peux venir, nous ne sommes qu’à l’épisode 3. »

« Non merci… »

Je soupire. J’ai envie de me lover contre lui…

Je me fais lascive contre lui en souriant…

« Tu peux rester avec moi Muscade… On pourrait se faire des câlins, des bisous et plus si affinités… »

Il détourne les yeux, m’embrasse rapidement sur la bouche et lâche :

« Je… Je regarde l’épisode 4 avec ma sœur et j’arrive tout de suite après d’accord… ? »

Je hoquète de surprise.

Je suis choquée.

Il préfère regarder une série avec elle plutôt qu’une perspective de sexe avec moi.

La gifle.

 

Je saisis mon dissolvant et mes vernis.

« Tu peux venir au salon si tu veux ma puce… »

« Non, j’ai une manucure à me faire. »

Il m’embrasse et sort de la pièce.

La vue de tous les cartons autour du lit me donne une envie incontrôlable de pleurer. Je m’en empêche. Je serre de nouveau les dents et me convaincs que je suis plus forte que ça.

 

Plus tard, dans le lit, quand il a fini de faire la vaisselle et de dire bonne nuit à sa sœur, il se blottit contre moi.

Je ne peux plus rien contenir.

J’éclate en larmes.

 

www.monbeaucerisier.com

 

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2 petits mots

  • Répondre Khap | Juil 19, 2012 à 0 h 07 min

    « Mr Goyave comprend mais il adore son appartement, il adore sa sœur et ne peut rien changer à la situation. »
    Lapsus évidemment, mais lapsus innocent ?

    • Répondre Mlle Cerise | Juil 19, 2012 à 0 h 16 min

      Oh mince ! Erreur réparée !
      Bien sûr que c’est un lapsus totalement innocent !
      Ahah ! Merci beaucoup pour l’oeil de lynx !
      Bisous,
      Cerise