Oct 21, 2010

Goyave contre Cerise

Ce soir je vais dîner avec Mr Goyave. Rien de romantique. C’est transactionnel. C’est financier. Un dîner d’affaire. Une histoire de vengeance.

Je pensais que toute la rancune qu’il avait envers moi était terminée ? Non. Ca ne fait apparemment que commencer. Pendant combien de temps vas t’il encore m’en vouloir ?

La semaine dernière, j’ai reçu un appel d’un homme. Son « assistant ». Je devais rembourser une dette. Une dette de plus de 300 000€ censée englober toutes les choses qu’il m’aurait payées ou données et que je ne lui aurais pas rendues après notre rupture.

J’ai failli m’étouffer au téléphone. Je lui envoie un mail car je n’ai plus son téléphone, en lui exigeant de m’appeler dans l’heure qui suit.

Quelques minutes plus tard, il répond par mail « envoyé d’un Ipad ».

« Je finis un truc et je t’appelle. »

Je tournais en rond dans ma chambre. Je venais juste de rentrer des cours après m’être tapé toutes les grèves de transports. Je n’étais pas d’humeur du tout.

Mon téléphone sonna en affichant un numéro masqué.

 « 300 000€ ! Goyave tu es plus que gonflé ! Et en plus tu m’envois ton avocat pour me le dire ! »

« Considère ça comme un indemnité de dédommagement »

« On est pas marié ! Je ne te dois rien ! Vas te faire foutre ! »

« Ouvre ton dressing Cerise. Les 4 paires de Louboutin à 6700€, l’imperméable Fendi et les manteaux Chanel. Les Armani Jeans, sans parler de tous les sacs à mains de créateurs qui gisent sous ton lit… »

« Mais… »

« Les voyages en business class que tu as fait pendant les trois ans où j’avais la naïveté de croire que nous étions ensemble… As-tu payé quoi que ce soit ? »

« Tu ne m’a jamais dit que je devais les rembourser ! »

« Tu ne m’a jamais dit que tu avais un amant ! »

« C’était des cadeaux Goyave ! »

« C’est la dure réalité de la vie. Je ne te compte qu’un montant subsidiaire comparé à la réelle somme que tu me dois. »

« Tu sais que je ne les ai pas ! »

« Qu’est ce que tu veux que je te dise ? Prostitue-toi. »

« Connard. »

« Trop aimable. Je t’attends jeudi 21 au soir. Crown Plazza à République, tu demanderas ma suite. Je ne connais pas encore le numéro, je suis au Brésil pour deux jours. »

« JEUDI ?? Tu crois que j’aurais 300 000€ d’ici-là ! En 30 ans, je n’aurais pas 300 000€ même en arrêtant de manger ! »

« Débrouille-toi Cerise. 20h. Jeudi.»

« Tu es la personne la plus dégoutante que j’ai jamais connue. »

« Il y a pire Cerise. Regarde-toi dans le miroir. »

Il a raccroché. Je n’ai même pas pu pleurer. J’étais sous le choc.
Il ne pouvait pas être sérieux. Mais son assistant avait quand même appelé. Je ne les avais pas. C’est tout.

J’aurais pu demander une aide à mes parents mais comment leur expliquer ? Comment leur dire ? Dans quoi m’étais-je embourbée ?

Ça fait tout de même plus d’un an que notre histoire est terminée !

Pourquoi ne passe t’il pas à autre chose ?

 

Je suis en cours quand j’écris cet article. Je ne parviens pas à me détendre. Je pense à ce soir. Je ne le supplierais pas d’annuler cette dette que je ne peux pas rembourser. J’espère juste lui faire comprendre que la vengeance qu’il essaye d’assouvir vis-à-vis de moi n’apaisera pas son mal être après le retour de ces 300 000€ qui ne représente d’ailleurs qu’une goutte d’eau dans l’immensité de son compte en banque.
Je vous écris ce soir. 

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